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n Le marché des réfugiés, de la pauvreté et de l'exploitation

Le parquet de Palerme en Sicile a confirmé aujourd'hui l'enquête pour séquestration de personnes contre le ministre italien de l'Intérieur, Matteo Salvini, qui avait refusé pendant 10 jours à plus d'une centaine de migrants de débarquer en Italie. Le parquet a annoncé cette décision dans un courrier à Matteo Salvini, patron de l'extrême droite italienne, qui l'a ouvert et lu sur une vidéo diffusée en direct sur sa page Facebook.

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Plus de 12 millions de réfugiés vivent dans des camps à travers le monde. Si le HCR en est souvent l'organisateur, il délègue passablement de ses activités à une myriade d'ONG et de sociétés privées qui en font leur business. Du Kenya au Pas-de-Calais, des voix discordantes se font entendre.

Amnesty international a dénoncé aujourd'hui la "répression d'envergure" menée par les autorités marocaines depuis plusieurs semaines contre des milliers de migrants, en la qualifiant de "cruelle et illégale".

Alors que le Maroc connaît un afflux de migrants et de réfugiés qui rêvent de gagner l'Europe, les autorités de ce pays ont multiplié ces dernières semaines rafles et déplacements forcés de centaines de migrants depuis le nord vers le sud du pays, officiellement pour "lutter contre les réseaux mafieux"

Dans un communiqué rendu public aujourd'hui, Amnesty s'inquiète des récents "raids majeurs dans les quartiers de plusieurs villes où vivent les réfugiés et les migrants". Citant l'Association marocaine des droits humains (AMDH), l'ONG affirme que quelque 5.000 personnes ont été arrêtées au cours de différentes opérations depuis juillet, avant d'être "entassées dans des bus et abandonnées dans des zones isolées proches de la frontière algérienne ou dans le sud du pays".

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Libye: des "criminels" se feraient passer pour des agents de l'ONU

Le HCR (Haut Commissariat des Nations unies pour les Réfugiés) a averti samedi avoir reçu des "informations fiables" selon lesquelles des passeurs et trafiquants d'êtres humains se faisaient passer pour des agents de l'ONU en Libye pour cibler des migrants.

Selon le HCR, des sources fiables indiquent que des passeurs et trafiquants prétendant travailler avec différentes organisations de l'ONU ont été vus à différents endroits du pays ravagé par la guerre civile.

"Ces criminels ont été repérés à des points de débarquements et des plaques tournantes de trafics, utilisant des gilets et des objets portant des logos similaires à ceux du HCR", a déclaré l'organisation onusienne dans un communiqué.

Ces informations proviennent entre autres de "réfugiés qui disent avoir été vendus à des trafiquants en Libye et soumis à des mauvais traitements et de la torture, y compris après avoir été interceptés en mer", selon le HCR.

Il est toutefois difficile de savoir si ces faux employés de l'ONU ont réussi à tromper des migrants qui auraient ensuite été victimes de mauvais traitements, a précisé à l'AFP le porte-parole du HCR Babar Baloch, disant que l'agence continue d'enquêter.

"Nous voulons que les autorités poursuivent ces personnes", a-t-il dit, estimant qu'elles avaient clairement une "intention criminelle" et s'attaquaient à des personnes déjà extrêmement vulnérables.

Plongée dans le chaos depuis la chute du dictateur Mouammar Kadhafi dans une insurrection soutenue par l'Otan en 2011, la Libye est devenue un des principaux pays de transit pour les migrants subsahariens tentant de rejoindre l'Europe.

Le HCR et ses partenaires sont présents dans tous les lieux officiels de débarquement pour "fournir une assistance médicale et humanitaire" aux migrants interceptés en Méditerranée et ramenés en Libye.

 

 

Guerres civiles, famines, persécutions, crise migratoire… Vingt millions de réfugiés vivent aujourd’hui dans des camps, véritables villes avec leurs allées de tentes, containers et baraquements en préfabriqué. Pour nourrir et vêtir ces populations, des entreprises privées s’implantent dans ces camps, comme ceux de Zaatari en Jordanie, de Moria sur l’île grecque de Lesbos ou encore d’Elbeyli en Turquie. Elles ouvrent des supermarchés, vendent denrées alimentaires et équipements (cuisines, blanchisseries…).

Ce nouveau business, très rentable, participe à une industrie globale de l’humanitaire évaluée à 20 milliards d’euros par an, qui est supervisée, entre autres, par le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés.

Quelle est la limite de la notion d’assistance ? Où commence le contrôle des personnes ? Si, à première vue, ces exilés semblent sortis de situations d’extrême urgence et paraissent y gagner au change (sécurité, meilleur confort…), la réalité est nettement plus glaçante, comme le montre cette remarquable enquête. Recensés grâce à des outils numériques dernier cri, tel l’infaillible système biométrique conçu par la firme IrisGuard qui identifie chaque personne en analysant l’iris de ses yeux (en Jordanie, en Irak et au Liban notamment), les réfugiés vivent également sous le contrôle de sociétés de surveillance qui gèrent leurs allées et venues.

Dans une totale indifférence, un processus d’« encampement » permanent, et non plus provisoire, se met en place à l’échelle internationale, avec l’aval des Etats membres de l’ONU, de l’Union européenne et de Frontex, son Agence de garde-frontières et de garde-côtes créée en 2016. Des éléments précis qui permettent de mieux comprendre « cet horizon d’enfermement qui se dessine » pour des millions d’indésirables.

 

Réfugiés, un marché sous influence

 

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