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RECIT. "C'EST CHIANT DU MATIN AU SOIR" : HULOT AU GOUVERNEMENT, QUINZE MOIS DE SOUFFRANCE ET DE RENONCEMENTS

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JUSQU'ICI TOUT VA BIEN 

LE TEMPS DES RENONCEMENTS

LE TEMPS DES RENONCEMENTS 

LA FIN DES ILLUSIONS

Contrairement à la majorité de ses collègues au gouvernement, Nicolas Hulot sait que sa carrière ne dépend d’aucun parti et qu’il n’est pas suspendu aux bonnes grâces du chef de l’Etat. "Ce qui me donne de la force, c'est que je n'attends rien après. Je ne cherche pas à être Premier ministre, ni président", affirmait-il au Parisien en septembre 2017. 
LA FIN DES ILLUSIONS

Dans un salon de l'Elysée, Nicolas Hulot attend le chef de l’Etat, lundi 27 août dans l'après-midi, pour évoquer la réforme de la chasse. Il est accompagné par son secrétaire d’Etat, Sébastien Lecornu, et par le président de la Fédération nationale des chasseurs (FNC), Willy Schraen. Arrive un invité que le ministre ne souhaite pas voir : Thierry Coste, ancien agriculteur, et lobbyiste en chef de la FNC. "Je [lui] ai dit frontalement qu'il n'avait rien à faire là", raconte Nicolas Hulot sur France Inter le lendemain. Pour lui, c'est "symptomatique de la présence des lobbys dans les cercles du pouvoir".


Depuis son arrivée au gouvernement, le militant écologiste subit les assauts répétés des groupes de pression de toutes sortes. "Leur influence a énormément pesé sur ses épaules. lls sont présents dans tous les ministères. Hulot expliquait souvent combien c’était compliqué de mener une politique environnementaliste à cause de leur omniprésence", se désole le sénateur EELV Joël Labbé. Comme de nombreux ministres avant lui, Nicolas Hulot n'est pas parvenu à réguler le poids de ces lobbys dans la prise de décision finale. Symbole de cet échec : l’implantation de la bioraffinerie Total dans les Bouches-du-Rhône, bien qu'elle importe 300 000 tonnes d’huile de palme par an.

C’était David contre Goliath : il n’a rien pu faire contre la puissance des lobbys. Leur couvert est mis à l’Elysée.

Noël Mamère

"On constate même que ce gouvernement, c'est les lobbys, avec notamment Edouard Philippe, ancien lobbyiste chez Areva", rappelle Julien Bayou, porte-parole d'EELV. De nombreux écologistes pointent également le rôle du ministre de l'Agriculture, Stéphane Travert, souvent au bras de fer face à Nicolas Hulot, comme sur le dossier des néonicotinoïdes. "Tout le monde sait que Travert défend les intérêts de la FNSEA et de l’industrie agroalimentaire. Devant l’Assemblée, il a osé dire qu’il y avait des controverses scientifiques sur les néonicotinoïdes. C’est un représentant assumé de Monsanto", attaque l'eurodéputé Pascal Durand.

Les lobbys ont finalement eu raison de Nicolas Hulot, qui a jeté l'éponge. "Il est parfois totalement naïf. Il n’a pas mesuré la difficulté d’affronter des groupes de pression ni la nécessité de créer des rapports de force, estime Pascal Durand. Il ne suffit pas de dire le bien pour que le bien arrive." Matthieu Orphelin reconnaît qu'il y a sans doute "d'autres méthodes de fonctionnement à inventer", mais qu'il est "facile de refaire le match après coup". Le député LREM espère désormais que la démission de Nicolas Hulot va permettre au pays de se ressaisir en matière de défense de l'environnement : "Il faut réagir, il faut que cela nous serve d'électrochoc."