n

 

Édito: Le pouvoir

« Il » pourrait être bon, généreux, raisonnable, juste… Sauf qu'« il » n'est souvent qu'abus, corruption, et égoïsme. « Il » soumet, donne l'illusion de la toute-puissance, écrase avec une force terrifiante et réduit au silence.

Vladimir Poutine, un esprit « gigantesquement pluriel »

Le journaliste russe Mikhaïl Zygar s’est attaché aux pas de ceux qui forment la garde rapprochée de Vladimir Poutine en leur prêtant sur la base de nombreux entretiens, un rôle bien plus important qu’il n’est coutume de lire.

LE MONDE | 12.01.2018 Par 

70_7_51e8_2018-01-11-6e69c5e-20124-1cybeei-6pyq_a1228219c9102f31f52a06e88bc50926.jpg

 

Le LivreDepuis l’arrivée aux commandes de Vladimir Poutine, il y a dix-huit ans, la consolidation du pouvoir entre les mains du Kremlin porte un nom, « la verticale du pouvoir » – un terme, « verticale », que le président russe, candidat à un nouveau mandat de six ans, avait lui-même employé lors de sa première adresse à la nation, en juillet 2000. Il désignait alors la reprise en main du pays, et sa traduction rapide avec la mise au pas des médias et l’exclusion du paysage politique d’oligarques milliardaires qui pensaient pouvoir jouer un rôle.

Au fil des années, cette « verticale » s’est structurée, écartant sans ménagement les faibles et les indociles, pour ne laisser place qu’à une poignée de fidèles, le dernier ami ukrainien Viktor Medvedtchouk, le féroce Igor Setchine, l’indispensable Dmitri Peskov, le stratège Viatcheslav Volodine, le samouraï Vladislav Sourkov, le fantassin Sergueï Choïgou, l’hermétique Nikolaï Patrouchev ou le mondain Igor Chouvalov… Tous, membres du gouvernement, de l’administration présidentielle ou puissants patrons, jouent un rôle-clé à la cour du Kremlin et c’est à cette plongée passionnante que nous invite Mikhail Zygar dans son essai sur les « poutiniens ». Le journaliste russe confirmé s’est attaché aux pas de ceux qui forment la garde rapprochée de Vladimir Poutine en leur prêtant, sur la base de nombreux entretiens, un rôle bien plus important qu’il n’est coutume de lire. « Les membres de son cercle l’ont choisi, poussé en avant, ne cessant jamais de jouer sur ses peurs et ses désirs, pour lui faire acquérir un statut qui a dépassé toutes leurs attentes, écrit-il. Toutes les décisions sont prises (…) par Poutine, mais Poutine n’est pas une seule personne. Il est un esprit gigantesquement pluriel. Des dizaines, peut-être des centaines de personnes essaient chaque jour d’imaginer quelles sont les décisions qu’[il] doit prendre. »

 

VIDÉO Robert Mueller, à la tête de l'enquête sur l'ingérence présumée de la Russie dans l'élection présidentielle américaine de 2016, a assigné à comparaître devant le grand jury l'ex-conseiller de Trump, déjà entendu ce mardi par une commission de la Chambre des représentants.
 
 
Comment la Russie a interféré dans l'élection présidentielle ...

Le 8 novembre 2016, à la surprise générale, Donald Trump remportait l’élection présidentielle américaine. Un an plus tard, les services secrets américains en ont la conviction : la Russie de Vladimir Poutine a cherché à influencer cette élection, et ce, avec la possible collaboration d’un des candidats. Les agents russes sont intervenus outre-Atlantique à au moins deux niveaux : la propagande sur les réseaux sociaux, d’une part, le piratage et la divulgation des e-mails du Parti démocrate, d’autre part. Récit en vidéo. dans le monde.

Affaire russe: Steve Bannon assigné à comparaître

Steve Bannon, ancien haut conseiller du président américain Donald Trump, a été assigné à comparaître devant un grand jury dans le cadre de l'enquête sur l'ingérence russe présumée aux élections présidentielles américaines de 2016, a rapporté aujourd'hui le New York Times.

» LIRE AUSSI - Etats-Unis : trois questions pour comprendre l'affaire russe

Le New York Times, qui a cité une source proche du dossier, a déclaré que c'était la première fois que le conseiller spécial Robert Mueller a utilisé une telle mesure contre un membre du cercle restreint de Trump.

Un porte-parole de Robert Mueller a refusé de commenter le rapport.
Bannon, qui a récemment eu un débat avec Trump sur les commentaires qu'il a faits à l'auteur d'un livre controversé, se réunissait aujourd'hui avec le Comité du renseignement de la Chambre des représentants des États-Unis dans le cadre de sa propre enquête sur la Russie.

Rétrospective de « l’ère Poutine » retraçant avec exactitude la manière dont la Russie s’est ingérée dans l’élection présidentielle américaine 2016, cette enquête en deux parties met au jour la vulnérabilité de la première puissance mondiale.

L'intrusion russe dans les rouages de l'élection présidentielle américaine pour faire battre Hillary Clinton est-elle avérée ? En janvier 2017, trois semaines avant l'intronisation de Donald Trump à la Maison-Blanche, les agences de renseignement américaines ont publié un rapport accusant le président russe Vladimir Poutine d'avoir planifié des cyberattaques coordonnées afin d'influer sur le cours de la campagne, sans toutefois en livrer les preuves, «classifiées», selon le jargon en vigueur. Près d'un an plus tard, au fil d'une enquête de six mois pour laquelle elle a interviewé au total cinquante-six sources, l'équipe de «Frontline» accrédite ces accusations.

Les relations entre les Etats-Unis et la Russie n'ont cessé de se détériorer pour s'enflammer, fin 2013, à propos de l'Ukraine et du soutien affiché de la secrétaire d'Etat Hillary Clinton au mouvement de Maïdan. Lors de l'invasion de la Crimée, Vladimir Poutine teste le camp occidental parvenant grâce à cette offensive faite de désinformation et d'agression militaire, à imposer le fait accompli. Les agences de renseignement américaines estiment que le coup suivant s'est joué avant l'élection, notamment grâce aux cyberattaques qui ont permis de s'emparer de milliers de mails internes du Democratic National Council, la plus haute instance du Parti démocrate, rendus publics par Wikileaks.

Les interactions entre le locataire de la Maison-Blanche et l'homme fort du Kremlin sont scrutées à la loupe en raison en particulier de l'enquête sur l'ingérence russe dans la présidentielle américaine.

ingérence présumée de la Russie dans l'élection présidentielle américaine de 2016. États-Unis: Steve Bannon entendu par une commission parlementaire Steve Bannon, ancien conseiller en stratégie de Donald Trump, doit être entendu ce mardi à huis clos par une commission de la Chambre des représentants dans le cadre de l'enquête sur l'ingérence présumée de la Russie dans l'élection présidentielle am

Le même jour, une information exclusive du New York Times a fait l'effet d'une bombe: selon le quotidien new-yorkais, l'ancien conseiller en stratégie de Donald Trump aurait reçu la semaine passée une assignation à comparaître du procureur spécial Robert Mueller, en charge de l'enquête russe.