09 décembre 2017

Le projet gazier Yamal dans l'Arctique

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nArctique, la conquête glacial

Le paradoxe de notre époque L'achèvement de la plus haute tour du monde repoussé à 2019, qVoici les 10 plus hauts gratte-ciel qui atteindront leur sommet en 2017 :  Chaleur record dans le monde en 2016

 

De la servitude moderne

 

  « Mon optimisme est basé sur la certitude que cette civilisation va s’effondrer.
Mon pessimisme sur tout ce qu’elle fait pour nous entraîner dans sa chute. »

 

Avec une belle unanimité, les observateurs interrogés (géologues, analystes, pêcheurs, politiques) tirent la sonnette d’alarme. Et, in fine, préviennent : les calculs et les projections existants ne permettraient plus d’évaluer correctement les risques futurs, les dangers causés par une surexploitation sans contrôle. Seule certitude ? « On ne sait pas où l’on va. »



Story of Stuff (2007, OFFICIAL Version)

Projet Yamal : l’intensification du trafic maritime en Arctique inquiète les écologistes

Les défenseurs de l’environnement expriment des craintes pour la biodiversité, notamment pour les réserves de poissons.C’est l’amère ironie du Grand Nord : la consommation de gaz et de pétrole est directement responsable du changement climatique, et c’est précisément la fonte de la banquise qui va permettre de faciliter le transport d’hydrocarbures à travers l’Arctique.

Les méthaniers brise-glace, gigantesques bateaux qui vont transporter le gaz liquéfié à Yamal, vont pouvoir emprunter la route du Nord pour accéder directement aux marchés asiatiques, gros consommateurs de gaz naturel. Cette route est cruciale pour Novatek et Total : elle permet de rendre le gigantesque projet de Yamal en Sibérie rentable, alors même que les prix du gaz sont au plus bas. C’est aussi un enjeu majeur pour la Russie, qui espère devenir à terme l’un des premiers producteurs mondiaux de gaz naturel liquéfié (GNL).

Ce raccourci par la route de l’Arctique constitue une première à cette échelle et pourrait annoncer un trafic de plus en plus important dans une zone vierge et à la biodiversité importante, ce qui préoccupe les écologistes. De fait, les immenses ressources de l’Arctique constituent une nouvelle frontière pour la Russie, dont l’économie dépend lourdement de la production d’hydrocarbures.

La Russie lance son titanesque projet gazier Yamal dans l'Arctique

SABETTA (RUSSIE) (AFP) 08.12.2017 - 13:32

Les réservoirs en cours de construction du site russe de production de gaz naturel liquéfié (GNL) Yamal, en Sibérie arctique, photographiés le 16 avril 2015 - AFP/Archives

C'est un projet hors norme, au bout du monde: la Russie inaugure vendredi son gigantesque site gazier Yamal, en Sibérie arctique, érigé dans des conditions climatiques et géologiques extrêmes, avec la participation du groupe français Total et de la Chine.

 

Poutine doit inaugurer le champ gazier de Yamal en Sibérie arctique

 

 

Sans frontières - Russie : Un chantier hors normes - 2016/05/19

Le groupe privé russe Novatek, à la tête du consortium international qui mène le projet, a prévu de faire partir la première cargaison de gaz naturel liquéfié (GNL) du port de Sabetta vendredi, après avoir annoncé cette semaine le début de la production de GNL sur la première ligne de production, dont la capacité prévue est de 5,5 millions de tonnes par an.

AFP

Le terminal méthanier russe d'Arctique

Ce projet à 27 milliards de dollars, un des plus vastes et ambitieux du monde dans le secteur, vise à construire en trois étapes une usine de liquéfaction de gaz permettant de produire à terme 16,5 millions de tonnes par an à partir de 2019.

Le renouveau de la présence russe dans le Grand nord inquiète et fascine les observateurs. Pourtant, ce n'est pas à un conflit armé que la région arctique se prépare...

 

Poutine et l'Arctique, que veut-il vraiment?

Ce lancement est un premier succès pour le projet, détenu par Novatek (50,1%), le français Total (20%) et les chinois CNPC (20%) et Silk Road Fund (9,9%), qui a connu des défis techniques et financiers.

Car si la péninsule de Yamal dispose de ressources considérables, il s'agit également d'une région isolée au nord du cercle arctique, à 2.500 kilomètres de Moscou, où le thermomètre peut descendre jusqu'à -50°C.

AFP/Archives

Le chantier de construction du mégaprojet Yamal, dans l'Arctique russe, le 5 mai 2016

Depuis le début du chantier fin 2013, il a fallu construire un aéroport et un port en plus des réservoirs et de l'usine elle-même, en dépit de la glace omniprésente une grande partie de l'année.

"Malgré des conditions d'exploitation difficiles, Yamal LNG a été livré à temps et en respectant le budget. C'est inhabituel dans l'industrie du GNL", estime Samuel Lussac, spécialiste du cabinet Wood Mackenzie.

Avec ce lancement, "Novatek, autrefois fournisseur local de gaz, devient un acteur mondial du GNL", ajoute-t-il. Le projet permettra également à Total de monter en puissance dans le secteur GNL, dont il est le deuxième acteur mondial.

AFP/Archives

Le chantier de construction du mégaprojet Yamal, dans l'Arctique russe, le 5 mai 2016

"À Yamal, on est partis de rien pour bâtir une cathédrale du XXIe siècle. Parmi tous les défis surmontés pour mener à bien ce projet gigantesque, je veux souligner en particulier notre faculté à maintenir le cap malgré les sanctions", s'est félicité vendredi le PDG de Total, Patrick Pouyanné.

"Nous sommes restés fidèles à nos partenaires russes en dépit de cet aléa, parce que c?est dans les épreuves que nos partenaires comptent sur nous et réciproquement", a-t-il ajouté.

- Sur la route du Nord-Est -

RIA NOVOSTI/AFP/Archives

Un bateau transportant du gaz naturel liquéfié (GNL), stationné au terminal gazier de Prigorodnoye, dans le sud de l'île de Sakhaline (Extrême-Orient russe)

Le financement du chantier a en effet été compliqué par les sanctions américaines contre Novatek, qui avaient brusquement rendu impossible le financement du projet par les banques occidentales. Celui-ci a pu finalement se réaliser grâce à l'apport de fonds chinois.

Un soulagement pour la Russie, pour qui ce projet présente une importance stratégique pour démontrer sa capacité à exploiter les ressources considérables de l'Arctique et afin de renforcer sa présence sur le marché disputé du GNL et alimenter ainsi davantage les pays asiatiques, alors qu'elle exporte actuellement surtout vers l'Europe par gazoducs.

Mais selon Samuel Lussac, les premiers mois montreront "si l'usine peut fonctionner sans accroc dans l'environnement hostile de l'Arctique". "Le transport par le passage du Nord-Est en est à ses débuts, il n'y a pas de certitude quant à sa viabilité en tant que voie majeure de livraison de GNL", souligne-t-il.

POOL/AFP/Archives

Le méthanier brise-glace "Christophe de Margerie", le 3 juin 2017 à Saint-Pétersbourg

La Russie mise beaucoup sur le développement du trafic par cette route, un raccourci maritime rendu accessible par le réchauffement climatique et ponctué de ports et de bases militaires susceptibles de secourir les navires en détresse.

Cette route, qui longe les côtes septentrionales de la Sibérie, permet aux navires de gagner 15 jours par rapport à la voie classique qui passe par le canal de Suez, selon Total.

À Yamal, où le site ne disposait d'aucune voie d'accès terrestre ou maritime au début du projet, quinze méthaniers brise-glace seront progressivement mis en service d?ici à 2019 pour livrer le GNL vers l'Europe (46%) et l'Asie (54%), selon le groupe.

Le premier d'entre eux, le méthanier "Christophe de Margerie", du nom de l'ancien PDG de Total décédé dans un accident d'avion en 2014 en Russie, doit emporter la première cargaison de Yamal vendredi.

Après Yamal, Novatek prévoit de développer un nouveau projet dans le Grand Nord, Arctique-2. Ce projet géant sur la péninsule de Gydan, dans la mer de Kara, dont la fin de la première phase de construction est prévue en 2022-2023, doit à terme produire autant que Yamal.

Les défis de l'environnement arctique

Le premier acheteur est... Total lui-même. Le pétrolier français n'est pas seulement un producteur de GNL mais aussi un acteur du trading, se hissant au deuxième rang mondial  avec l'acquisition de l'activité amont d'Engie . Novatek et CNPC se sont eux aussi engagés sur des volumes ainsi que le russe Gazprom et l'espagnol Gas Natural.

« Des risques » d'exécution demeurent cependant, en particulier parce que la logistique reste un défi dans « le rude environnement de l'Arctique », souligne Wood Mackenzie. La voie maritime via le détroit de Bering n'est pas éprouvée. « Sa viabilité en tant que route majeure pour le GNL est incertaine », prévient le consultant.

 

Ne pas réchauffer le sol

Autre sujet de préoccupation : l’ensemble du chantier de Yamal a été bâti sur le permafrost, ce sol dont les couches profondes restent gelées toute l’année, même pendant l’été. Sur place, l’ensemble des structures ont été construites sur des pilotis, ce qui permet d’amortir les mouvements du sol. D’autant qu’avec la hausse des températures, les couches supérieures du permafrost ont tendance à ne pas regeler pendant l’hiver.

Les scientifiques s’inquiètent de ce dégel du permafrost, il pourrait libérer dans l’atmosphère de grandes quantités de carbone, sous forme de dioxyde de carbone et de méthane, qui viendraient s’ajouter aux émissions déjà existantes.

« Parce qu’on est dans un univers vierge, on a une responsabilité encore plus grande qu’ailleurs », explique Jacques de Boisséson, directeur de Total en Russie. Afin de limiter les effets des installations, la température des pilotis sur lesquels est bâti le projet gazier est régulée en permanence pour ne pas réchauffer le sol.

Une forte présence de baleines

« Nous avons pris toutes les précautions », assure M. de Boisséson, de Total, qui rappelle que le groupe français s’est engagé à ne pas exploiter de pétrole sous la glace au-delà du cercle polaire, estimant qu’une fuite sous la banquise serait incontrôlable.

Chez Total, on défend aussi la production gazière, en rappelant que le gaz est beaucoup moins émetteur de gaz à effet de serre que le pétrole ou le charbon, que consomment encore massivement certains pays asiatiques, et notamment la Chine.

Au-delà des risques de fuite, les défenseurs de l’environnement s’inquiètent de l’industrialisation de la zone et des risques pour la biodiversité, notamment pour les réserves de poissons. La présence importante de baleines pourrait également être perturbée par le trafic maritime.

« Nous comprenons l’intérêt du gaz comme énergie de transition, c’est moins polluant que du pétrole ou du charbon », explique Alexeï Knijnikov, du WWF Russie, qui dit s’inquiéter plus « du transport maritime qui va s’intensifier que de l’extraction du gaz dans le cas de Yamal ». De fait, quand le projet Yamal tournera à plein régime, à partir de 2019, un méthanier brise-glace partira tous les deux jours de l’usine de liquéfaction.

Opacité russe

Les organisations écologistes reconnaissent que les entreprises responsables du projet ont été plutôt transparentes depuis le début du chantier. Mais elles dénoncent l’opacité des autorités russes qui ne mettent à disposition des ONG quasiment aucune donnée sur les conséquences de la création du port et les travaux réalisés sur l’embouchure de la rivière.

« C’est aussi une question de choix d’investissement : pourquoi continuer à investir dans les hydrocarbures ? Nous préférerions voir les groupes français comme Total et Engie investir également dans les renouvelables en Russie », souligne Vladimir Tchouprov, de Greenpeace Russie.


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