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 Cette ultime bataille, si elle met fin au proto-Etat djihadiste, ne signifiera pas la fin de l’EI. Bien qu’amoindrie, l’organisation a recomposé des cellules dormantes dans les zones libérées et se réoriente déjà sur des actions traditionnelles de type guérilla. Le groupe « adopte désormais un mode de fonctionnement d’insurgé, plus de force militaire, analyse le général Sofge  Le défi pour les années à venir en Irak et en Syrie sera celui du travail de police. »
 

VIDÉO - Près de deux ans après les attaques du 13 novembre, «nous avons gagné» a assuré le chef de l'État, en visite sur la base militaire française d'Abu Dhabi. Il a reconnu que les «foyers terroristes» restaient «nombreux dans la zone». 

Si l'islamisme radical est en passe de perdre son état, les foyers terroristes demeurent nombreux dans la zone.


Terrorisme islamiste, quelle victoire ? -Géopolitis

 

L’EI a profité du conflit syrien, qui a éclaté en 2011 avec des manifestations contre le président Bachar Al-Assad, pour s’implanter en Syrie et en Irak. Après une montée en puissance fulgurante en 2014, qui a vu l’organisation extrémiste s’emparer de vastes pans de territoire dans les deux pays, l’EI a proclamé un « califat »en 2014 qui a attiré des milliers de combattants étrangers. Mais le groupe a ensuite multiplié les revers et perdu la totalité des territoires qu’il avait conquis en Irak et la plupart de ceux qu’il détenait en Syrie

En Irak et en Syrie, le groupe Etat islamique a perdu près de 80% de son territoire, notamment les bastions de Mossoul et Raqqa. Mais à quel prix ? Les victoires proclamées contre le terrorisme vont-elles nourrir les djihads de demain ? Géopolitis, une émission de la Radio Télévision Suisse, dimanche 22 octobre 2017.​ Le site de Géopolitis : http://geopolitis.ch #géopolitis

Après une montée en puissance en 2014 et la conquête de vastes territoires en Irak et en Syrie, l'EI est aujourd'hui acculé dans ses derniers réduits à la frontière entre ces deux pays. 

Dans la province de Deir ez-Zor, frontalière de l'Irak, deux offensives distinctes cherchent à reprendre à l'EI les derniers territoires sous son contrôle. D'un côté, lesforces du régime sont soutenues par l'aviation russe, de l'autre, les combattants kurdes et arabes des Forces démocratiques syriennes (FDS), appuyés par Washington.

Selon les autorités géorgiennes, une cinquantaine de ressortissants du pays seraient engagés en Syrie et en Irak aux côtés du groupe Etat islamique. Il s'agirait notamment de membres de la minorité musulmane tchétchène.

Début décembre : annonce de la defaite en Syrie et Irak par la Russie, les dirigeants Irakiens et syriens et les milices chiites pro iraniens

'En dépit de cette victoire finale, «nous devons rester sur le qui-vive». Des cellules de djihadistes opéreraient toujours en différents points du territoire. A l'image de cet en  Irak : un attentat à la voiture piégée fait au moins 21 morts et du Un couvre-feu décrété dans la province de SalaheddineCette ville de 150 000 habitants, où vivent des Turkmènes, des Kurdes et des Arabes, avait été le théâtre de violences meurtrières lors de la reprise par les forces irakiennes de zones disputées aux Kurdes à la mi-octobre.

Le premier ministre a annoncé que désormais, la prochaine bataille serait la lutte contre la corruption, fléau qui obère le développement du pays.

 La défaite militaire de l'EI en Irak, facilitée par l'appui crucial de la coalition internationale dirigée par les États-Unis, marque un tournant dans la lutte lancée il y a trois ans pour en finir avec cette organisation djihadiste responsable de massacres, d'exactions et d'attentats.

2013-2015: poussée de l'EI

2016-2017: défaites successives de l'EI

2017: crise avec le Kurdistan

En finir totalement avec l'EI

Fin 2017 : Jeudi 11 décembre , Moscou a annoncé la « libération totale » du territoire syrien de l’emprise de l’EI, même si l’organisation djihadiste contrôle toujours plusieurs poches dans le pays. La Russie avait déjà annoncé le 21 novembre la fin de la « phase active de l’opération militaire » en Syrie.
La Russie retire la majeure partie de ses forces militaires de Syrie : Lancée en 2015, l’intervention militaire russe en Syrie a notamment permis aux forces gouvernementales de reprendre à l’Etat islamique (EI) la cité de Palmyre et Alep.

En Irak, Al-Abadi décrète la fin de la guerre contre l’EI : Renforcé par ses victoires militaires et le succès de son bras de fer avec les dirigeants kurdes, le premier ministre irakien a les élections de mai 2018 en ligne de mire.
« Nous avons gagné par notre unité et notre détermination. Nous les avons vaincus en peu de temps », s’était-il félicité la veille, en décrétant la fin de la bataille. « Nous devons rester sur le qui-vive », nuançait-il toutefois.

Moscou et Irak ont fait état de la "libération totale" du territoire syrien de l'emprise du groupe EI, bien que cette organisation y contrôle toujours plusieurs poches

 



Inside Story  Has ISIL been defeated in Iraq? - Has ISIL been defeated in Iraq? |Inside Story - YouTube

De Mossoul à Rakka, les civils comptent leurs morts et ses blessés physiques ou psychologiques :

« Après le califat » (1/5). Enquête en cinq volets sur les régions d’Irak et de Syrie qui ont vécu sous le joug de l’organisation Etat islamique, désormais pratiquement vaincue.Nadia, Hania, « survivantes » yézidies, racontent l’horreur de leur captivité sous l’Etat islamique « Après le califat » 1/5.
« J’ai été vendue et achetée tant de fois »
Avec simplicité, elle relate plus de deux ans de captivité depuis sa capture dans le Sinjar par des djihadistes irakiens, le 3 août 2014, avec ses parents, ses huit sœurs, son frère et ses deux nièces.

La Division d’or, un modèle pour l’armée irakienne

« Après le califat » (2|5). Les forces antiterroristes irakiennes, formées par les Américains, ont joué un rôle de fer de lance dans la reconquête face à l’Etat islamique, dont la fin a été proclamée le 9 décembre. Elles pourraient servir de matrice et de modèle pour restructurer des forces de sécurité gangrenées par la corruption et le sectarisme. 

La guerre contre l’organisation Etat islamique (EI) en Irak, de juin 2014 à décembre 2017, ne s’est pas limitée à une reconquête du territoire. Elle a également été l’amorce de la refondation d’un Etat failli.

Le tableau était catastrophique. Les milliards de dollars investis depuis 2003 par l’occupant américain pour façonner, non sans erreurs, l’Irak post-Saddam Hussein, étaient partis en fumée. Miné par la corruption et le sectarisme, l’appareil sécuritaire s’était effondré face à quelques milliers de djihadistes, et les provinces sunnites étaient passées sous la coupe du « califat »  en juin 2014. Certains sonnaient déjà le glas de l’unité du pays


Ces forces antiterroristes, officiellement dénommées « Iraqi Special Operations Forces » (ISOF), n’étaient pourtant pas destinées à jouer le rôle d’une armée d’infanterie. Dès leur création, en 2003, par les Etats-Unis, sur le modèle des bérets verts américains, elles avaient été formées aux missions antiterroristes les plus difficiles. Sélectionnées parmi toutes les confessions et ethnies, ces troupes d’élite ont atteint un niveau de professionnalisme, d’indépendance et de loyauté à l’Etat inégalé.

 

Iraqi Special Operations Force (ISOF) - Brief History and Build - YouTube

En savoir plus sur 

Moins «de filières» de départs djihadistes vers l'Irak et la Syrie

La menace terroriste a baissé en France notamment parce qu'il "n'y a plus de filières" d'acheminement des jihadistes en Irak ou Syrie, d'où ils pourraient ensuite revenir, a estimé aujourd'hui le chef de l'Unité de coordination de la lutte antiterroriste (Uclat).

Le nombre de contenus mis en ligne par le groupe djihadiste a diminué. Mais cette baisse n’est pas l’assurance d’une moindre capacité à mobiliser ses partisans.Pour en finir totalement avec l'EI, l'armée irakienne a également annoncé son intention de nettoyer à une date non précisée le Wadi Houran, une vallée située dans la province occidentale d'Al-Anbar. L'EI est toujours présent dans ce relief accidenté, où il a établi des caches et dispose de dépôts d'armes. Son chef, Abou Bakr al Bagdadi, s'y cacherait

M. Garnier a par ailleurs précisé que si la France a jusqu'ici officiellement recensé 286 morts français en Irak et en Syrie, "la réalité des combats" qui ont peu à peu délogé l'EI des territoires qu'ils contrôlait là-bas "nous incite à penser que nous sommes plus proches des 400 ou 450" morts. Les autres combattants français iront quant à eux "probablement au Yémen, en Libye par exemple".

» Lire aussi - Djihadistes : plus de 240 «revenants» en France depuis 2012, dont la moitié en prison 

Après l'annonce mi-décembre par Vladimir Poutine d'un retrait partiel de ses troupes, les services de sécurité ont dit craindre une arrivée de djihadistes de retour de Syrie maintenant que le groupe Etat islamique a perdu la quasi-totalité de son territoire dans ce pays mais aussi en Irak.

Enfin, certains réseaux de l’EI n’ont nul besoin de s’appuyer sur un avatar virtuel. Le massacre de Bir Al-Abed, en Egypte, au cours duquel 305 personnes ont été tuées, vient de cruellement le rappeler.

COMPTE RENDU Le califat virtuel de l’EI émet de moins en moins Madjid Zerrouky

 Pour le linguiste Alain Bentolila, une langue ne peut voir sa structure changer qu’au rythme de l’évolution du peuple qui la parle.

Si la victoire de l'Irak contre l'EI a officiellement été déclarée, les experts jugent que l'EI garde une capacité de nuisance et peut encore faire couler le sang en retournant à la clandestinité et en menant des attentats spectaculaires

Iraq's Shia paramilitaries have deployed fighters to the Syrian border to support security forces after multiple attacks from within Syria.

"After several Iraqi border guard positions came under several attacks by missiles, and backup from security forces was late, the 13th brigade of the Popular Mobilisation Forces (PMF) was deployed and targeted the origins of the launch," Qassem Mesleh, the PMF commander for Iraq's western Anbar province, said in a statement on Friday.

Comment Daech va se transformer

 

Ne partez pas tous »

« L’EI perd ses territoires mais se disperse, et sa possible mutation conduit la coalition à juger que tout n’est pas terminé, indique-t-on au ministère. Nous entrons dans une phase de stabilisation, les Etats-Unis ne veulent pas se retirer précipitamment et leur message est : “Ne partez pas tous”. » Les militaires français devraient donc tirer moins de bombes, mais continuer des missions d’appui aérien et de surveillance.

Si les derniers territoires en Syrie et en Irak sont sur le point d'être perdus, l'organisation terroriste a déjà prévu sa reconversion. L'attentat a frappé les déplacés à un point de contrôle des FDS, selon l'OSDH, alors que l'EI semble vouloir prouver que malgré les défaites territoriales, il conserve sa capacité de nuisance. 

Deux mois après l'annonce de la reprise du bastion jihadiste de Hawija, dans le nord de l'Irak, les forces de sécurité irakiennes font toujours état de morts --civils et militaires-- abattus par des jihadistes terrés dans des zones montagneuses. Les troupes gouvernementales ont chassé début octobre l'organisation Etat islamique (EI) de son dernier fief urbain d'Irak, Hawija, à environ 300 km au nord de Bagdad. Cependant, depuis cette date, "au moins 45 membres des forces de sécurité et civils ont été tués dans des attaques de l'EI", a assuré à l'AFP un officier de haut rang de la police dans la province de Kirkouk, où se trouve Hawija. En outre, "l'armée, la police et les unités paramilitaires du Hachd al-Chaabi ont tué 288 jihadistes et en ont arrêté 55 autres". Pour Sarmad al-Bayati, expert militaire irakien, la présence de jihadistes "représente toujours une menace réelle pour la région". Terrés la journée, "ils ont le contrôle total de certaines zones la nuit".

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Des chiffres contradictoires sur la présences des djiadistes en Irak et Syrie variant de 1000 pour l'Irak et la Syrie selon les Etats Unis ou la Russie ou 3000 juste pour l'Irak selon des sources locales

Moins de mille combattants de l'Etat islamique (EI) se trouvent encore en Irak et en Syrie, soit trois fois moins que l'estimation faite il y a trois semaines, indique la coalition internationale sous commandement américain, aujourd'hui.

Ils sont "environ 3.000 jihadistes dans une zone de 18.000 kilomètres carrés", note l'expert irakien des mouvements jihadistes Hicham al-Hachémi. Un nombre qui ne leur permet pas de contrôler un tel territoire, plus grand que le Koweït, ajoute ce spécialiste. Toutefois, affirme M. Bayati à l'AFP, "ils mènent toujours des attaques et des enlèvements et à cause de cela, de nombreux déplacés refusent de rentrer chez eux".

En effet, explique de son côté le haut-gradé de la police sous le couvert de l'anonymat, "l'opération de libération de Hawija s'est concentrée sur la ville et les axes routiers principaux". Face à l'avancée des blindés et des troupes, "une partie des jihadistes se sont rendus" et une autre partie "s'est dirigée vers les monts Hamrine, leurs vallées, leurs tunnels, leurs zones boisées et autres caches naturelles", poursuit cet officier. Dans ces zones, affirme de son côté à l'AFP un général de l'armée, "ces combattants locaux n'ont plus d'autre choix que la fuite jusqu'à la mort".

» LIRE AUSSI : Irak : au moins 70 morts dans une double attaque terroriste

Ces jihadistes conservent toutefois un pouvoir de nuisance local, assure-t-il sous le couvert de l'anonymat, et "menacent des habitants ayant des proches dans les forces de sécurité ou qui fournissent des informations aux troupes. Ils en ont déjà tué plusieurs". Lundi, le général Ali Omrane, commandant des opérations dans la province de Kirkouk, avait indiqué que sept combattants de l'EI avaient été abattus après des attaques ayant fait six morts dans les rangs du Hachd al-Chaabi, dont un haut commandant et son fils. La veille, un officier de haut rang rapportait à l'AFP qu'un chef de tribu commandant un groupe de combattants ainsi que son épouse avaient été tués à un faux barrage érigé par des jihadistes sur la route reliant Kirkouk à Hawija. Le 9 décembre, le Premier ministre irakien Haider al-Abadi avait proclamé "la fin de la guerre" entamée en 2014 pour éliminer l'EI du pays, une annonce de victoire prématurée pour les experts.

Les nouveaux bastions de Daech ?

Des Français et des Algériens, certains arrivant de Syrie, ont rejoint les rangs du groupe Etat islamique dans le nord de l'Afghanistan, où les insurgés ont établi de nouvelles bases, selon des sources concordantes interrogées par l'AFP.

Afghanistan.

Le groupe Etat islamique (EI) a revendiqué l'attentat perpétré jeudi contre un centre culturel chiite à Kaboul qui a fait au moins 40 morts, a rapporté son agence de propagande Amaq. Le groupe extrémiste a dit avoir eu recours à trois bombes dont les explosions ont été suivies par une attaque suicide, selon l'agence, où les attentats se multiplient, a indiqué le ministère de l'Intérieur. Ce centre culturel se trouve près de l'Afghan voice agency, un média d'abord vu comme la cible de l'attaque.

15 novembre 2017 Afghanistan, le prix de la vengeance 2012 » LIRE AUSSI - Afghanistan : les talibans gagnent du terrain

Pour l’Occident, écrit encore Fisk, la leçon de ces attentats est aussi que la défaite de l’État islamique (EI) en Irak et en Syrie ne signifie pas la fin de l’organisation, dont l’Egypte pourrait bien être le prochain foyer. Une inquiétude partagée par les observateurs occidentaux, comme l’explique The Washington Post.

“L’EI a été vaincu, mais seulement comme force militaire, déclare ainsi un expert américain de la lutte antiterroriste. Les insurrections locales vont se poursuivre pendant un bon moment et seront plus difficiles à vaincre.”

 L’opération « Chammal », lancée en 2014 contre l’organisation Etat islamique, devrait être allégée.

 

Les djihadistes africains de l’EI, défaits en Irak et en Syrie, représentent de « sérieuses menaces pour la sécurité et la stabilité », selon le commissaire de l’UA Smail Chergui.

Les services de sécurité russes (FSB) ont indiqué ce matin craindre une arrivée de djihadistes de retour de Syrie sur son territoire, au lendemain de l'annonce par Vladimir Poutine du retrait d'une partie des forces russes du pays en guerre. Selon le FSB, près de 2.900 jihadistes russes, en majorité originaires des instables républiques musulmanes du Caucase, ont combattu en Irak et en Syrie, auxquels s'ajoutent plusieurs milliers de combattants issus des pays d'Asie centrale, qui comptent une importante diaspora en Russie.

» LIRE AUSSI : En Syrie, la Russie veut contenir ses djihadistes

 « Des rapports font état de la présence de 6 000 combattants africains parmi les 30 000 éléments étrangers ayant rejoint ce groupe terroriste au Moyen-Orient », a déclaré M. Smail Chergui, lors d’une rencontre sur la lutte contre le terrorisme.

« Le retour de ces éléments en Afrique pose de sérieuses menaces sur la sécurité et la stabilité nationales et exige un traitement spécifique et une coopération intense entre les pays africains », a estimé M. Chergui, cité par l’agence de presse APS.

Le commissaire de l’UA pour la paix et la sécurité a appelé les pays concernés à notamment « échanger les renseignements sur les éléments armés regagnant leurs pays respectifs », après leurs défaites en Irak et en Syrie.

OMPTE RENDU L’Union africaine redoute le retour de 6 000 combattants de l’Etat islamique sur le continent

LES FILIALES DE DAECH A L’OFFENSIVE

D’autres branches d’Al-Qaida ont prouvé récemment à la fois leur résilience et leur capacité offensive: la « province du Sinaï »,

La matrice syro-irakienne de Daech et ses différentes branches se doublent désormais de réseaux développés dans le monde entier, animés par une propagande jihadiste certes moins performante, mais toujours aussi porteuse de haine.  Leur passage à l’acte n’est pas forcément lié au « retour » de jihadistes ayant combattu dans la zone syro-irakienne. Il est revanche certain qu’ils profitent partout des tensions politiques ou communautaires: ainsi la Catalogne prise de fièvre indépendantiste a très gravement baissé la garde face à la terreur jihadiste.

N’oublions enfin jamais qu’une « victoire » avait déjà été annoncée avec emphase contre « l’Etat islamique en Irak » en 2011. La contre-insurrection habilement menée par les Etats-Unis à partir de 2007, avec soutien à des forces arabes et sunnites seules légitimes face aux jihadistes, paraissait alors couronnée de succès. Mais les politiques sectaires suivies par le gouvernement irakien et la contre-révolution déchaînée par le régime Assad avaient permis à Baghdadi de reprendre l’initiative, jusqu’à contrôler un territoire aussi étendu que la Jordanie. C’est avec 2011, et non 2014, qu’il faut comparer la « victoire  » actuelle. Les jihadistes étaient alors réduits à environ 700, ils sont aujourd’hui au moins dix fois plus nombreux entre la Syrie et l’Irak. Ils disposent de surcroît de filiales et de relais solides à l’étranger qui faisaient défaut à Baghdadi en 2011.

Surtout, surtout, les mêmes causes produiront implacablement les mêmes effets. En pire. Si la population arabe et sunnite, majoritaire en Syrie, minoritaire en Irak, se voit privée de tout pouvoir réel, voire soumise à de sanglants règlements de compte, les jihadistes apparaîtront tôt ou tard comme un recours. la « victoire totale » contre Daech à une « stabilisation dans la durée » de la Syrie et de l’Irak, ainsi qu’à une « solution politique inclusive et plurielle ». C’est en effet le seul moyen de conjurer enfin le cauchemar jihadiste. "la France soit une fois encore bien seule à prôner une telle solution".

Daech après la chute de son pseudo-califat POST DE BLOG

L’Etat islamique à l’heure des franchises 9

Après le califat (5/5). La défaite du groupe en Irak et en Syrie l’oblige à revoir sa stratégie et à miser sur ses « filiales » installées dans d’autres pays.

ENQUÊTE L’Etat islamique à l’heure des franchises 9

Dans le Sinaï, la lutte difficile de l’armée égyptienne face à l’EI

Le président a fixé jusqu’à fin février à ses militaires pour sécuriser la péninsule. Mais la branche locale de l’organisation Etat islamique poursuit ses attaques meurtrières Par Hélène Sallon (Le Caire, envoyée spéciale) dans LE MONDE Le 30.12.2017 

 L’objectif du président égyptien, Abdel Fattah Al-Sissi, ne cesse d’être contrarié. Il a fixé un maximum de trois mois, le 29 novembre, au commandement militaire, de sécuriser la péninsule du Sinaï, bastion d’une insurrection djihadiste qui déstabilise l’ensemble du pays.

L’insurrection armée qui sévit dans le nord de la péninsule désertique est devenue l’épine dans la botte du maréchal Sissi. Quatre ans de « guerre contre le terrorisme » n’ont pas suffi à venir à bout du réduit djihadiste condensé dans un triangle de désert de 1 200 km2 entre les villes d’Al-Arich, Rafah et Cheikh Zouweid. C’est même hors de cette zone, à l’ouest d’Al-Arich, qu’a eu lieu l’attaque la plus meurtrière de l’histoire du pays contre la mosquée de Raoudah, le 24 novembre, qui a fait 311 morts et 122 blessés dans le clan Al-Jarirat, lié à une confrérie soufie, un courant mystique de l’islam jugé « hérétique » par les djihadistes. Bien que non revendiquée, elle porte la marque de la « Province du Sinaï », qui a amplifié depuis un an ses attaques contre les civils sur tout le territoire, notamment contre les coptes. 

 

 
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