Témoignages rares 
 

"Un documentaire passionnant qui met parfaitement en perspective les enjeux géopolitiques et religieux de la lutte contre Daech dans tout le Moyen-Orient. Un décryptage extrêmement utile pour comprendre les failles de la coalition, le double-jeu de certaines puissances comme la Turquie ou l'Arabie-Saoudite, et la question délicate mais cruciale de l'après Daech."

 

Les guerres cachées contre Daech Bande-annonce - YouTube Témoignages rares Les guerres cachées contre Daech Arte 2016 11 08 20 50

Les guerres cachées contre Daech Par Enkolo dans Accueil le 
Le plus inquiétant, dans ce grand jeu de culbuto mondial, est, comme le soulignent les divers interlocuteurs de Fritel, que « bombarder sans avoir de programme politique sérieux derrière » est la porte ouverte au chaos. —
 
Après Daech, naissance d'un État terroriste, Jérôme Fritel a de nouveau enquêté sur les coulisses d’une guerre qui a balayé les frontières tracées depuis un siècle et d'ores et déjà changé le cours de l’histoire. De l’ancien gouverneur de Mossoul, qui dirige aujourd'hui une armée de 4 000 hommes financée et entraînée par les Turcs, au numéro 2 du Hezbollah libanais, bras armé de l’Iran en Syrie, en passant par le dernier ambassadeur américain à Damas, ce documentaire donne la parole aux acteurs de premier plan dans le conflit. Il nous emmène des faubourgs de Mossoul à Dubaï, d’Istanbul à Beyrouth, de Washington à Vienne, pour mieux décrypter les enjeux et les réalités de ces "guerres cachées".
 
Au fil de son enquête — des environs de Mossoul à Dubai, en passant par Istanbul, Beyrouth, Vienne et Washington —, Fritel décrypte les enjeux cachés de cette lutte contre l'internationale de la terreur. Montrant qu'elle fait écran à un autre affrontement des puissances réunies sous la même bannière, pour le contrôle des terres et des populations dans le territoire aujourd'hui détenu par Daech.

 

Israël et Trump

Le Liban a longtemps été le théâtre de la guerre froide irano-saoudienne. Mais qu'est-ce qui rend ce tour de combat spécial?

Il n'y a pas de secret pour le moment qu'Israel et l'Arabie Saoudite adoptent une approche presque identique à la région, selon le dictum «l'ennemi de mon ennemi est mon ami».

Pour les deux, l'Iran présente une «menace existentielle» et contrer son expansion est leur priorité numéro un.

L'État hébreu accuse l'Iran de profiter de la guerre et des nouveaux rapports de forces militaires pour déployer ses forces et celles du Hezbollah dans le sud du pays.

Depuis le début de la guerre en Syrie, Israël voit son «problème iranien» grossir de mois en mois. La paix qui s'annonce à l'horizon après la chute de Daech et la «victoire» de Bachar el-Assad n'est pourtant pas de nature à le réduire. «Nous sommes très nerveux. L'armée iranienne s'est installée en Syrie. Le Hezbollah, bras armé de Téhéran, y agit ouvertement. Quant aux milices chiites qui ont participé à la guerre, nous craignons qu'elles soient intégrées à l'armée syrienne.» La consolidation de l'influence iranienne au Levant est considérée comme un «game changer», un changement de donne, par Sima Shine, ancienne responsable du Mossad. «En cas de nouvelle guerre avec le Hezbollah, Israël devra affronter deux fronts iraniens», résume l'ex-officier de renseignement, qui travaille aujourd'hui dans le très réputé Institut pour les études

 

Vladimir Poutine reçoit Bachar Al-Assad avant le sommet de Sotchi

Le président russe cherche à traduire sa victoire militaire sur le terrain diplomatique.

Le président syrien a été reçu par son homologue russe. Vladimir Poutine, son principal soutien, multiplie les contacts à quelques jours de nouveaux pourparlers sous l'égide de l'ONU prévus à Genève le 28 novembre et visant à mettre fin à la guerre en Syrie. Le chef du Kremlin a annoncé qu’il rendrait compte de son entretien auprès du président des Etats-Unis, Donald Trump, de l’émir du Qatar et d’autres « dirigeants de la région ». C’est la deuxième fois que le président syrien est sorti de son territoire depuis le début du soulèvement en Syrie en 2011 – il s’était rendu en octobre 2015 à Moscou – et, cette fois encore, il a pris le chemin de la Russie, son meilleur allié.

n 

Russia, le principal allié du gouvernement syrien dans la guerre, a soutenu les forces gouvernementales contre ce qui est devenu une guerre par procuration dans la région.

Siege of Eastern Ghouta: A blot on world's conscience

Le mois dernier, diverses factions, dont le gouvernement syrien et des groupes d'opposition, se sont rencontrées dans la capitale du Kazakhstan pour des pourparlers visant à mettre en place un accord de cessez-le-feu durable.

Plusieurs initiatives internationales visant à mettre fin à la guerre ont commencé au fil des ans, notamment une tentative d'établir quatre «zones de désescalade» à travers le pays, la Russie, la Turquie et l'Iran agissant en tant que garants.

À ce jour, quelque 465 000 personnes sont mortes dans le conflit et plus de 12 millions de Syriens ont été déplacés.

 A Rakka, tout a été détruit : l’EI, les bâtiments et les civils 26

Un soldat des Forces démocratiques syriennes (FDS) garde un rond-point à Rakka.

L’ancien joyau du « califat » djihadiste en Syrie, qui comptait avant-guerre près de 300 000 habitants, n’est plus qu’un champ de ruines silencieux.L’ancien joyau du « califat » de l’EI, qui comptait avant-guerre près de 300 000 habitants, n’est plus qu’un champ de ruines silencieux, un squelette de ville où partout s’insinue la présence de la mort. En quatre mois de bataille, les FDS, soutenues par la coalition internationale contre l’EI, en ont chassé les djihadistes au prix de destructions massives pratiquées dans la chair des quartiers par les frappes aériennes et les tirs d’artillerie. Après l’évacuation négociée des derniers djihadistes vers le désert de l’Est syrien, où s’achève le dernier acte de cette guerre, les FDS et leurs alliés occidentaux ont proclamé leur victoire, le 17 octobre.


En savoir plus sur le Monde 

Syrie : "après la guerre, comment gagner la paix ?"

- Alors que la fin de l'EI approche, ses territoires reconquis inéxorablement par Damas, la Syrie sera-t-elle libérée des jeux d'influence des grandes et moyennes puissances qui cherchent à sécuriser leurs intérêts économiques et politiques au Moyen-Orient? Analyse de Caroline Galactéros.

 


Docteur en Science politique et colonel au sein de la réserve opérationnelle des Armées, Caroline Galactéros dirige le cabinet d'intelligence stratégique «Planeting». Auteur du blog Bouger Les Lignes, elle a publié Manières du monde. Manières de guerre (Nuvis, 2013) et Guerre, Technologie et société (Nuvis, 2014).


Alep, Palmyre, Mossoul, Deir Ez-Zor, bientôt Raqqa: l'Etat islamique et ses affidés sont en déroute, la dimension territoriale du Califat réduite à peau de chagrin. Chacun revendiquera bientôt la victoire sur l'hydre qui déjà est en reconstitution ailleurs et autrement.

Syrie a donc résisté, au prix d'innombrables souffrances, à sa destruction programmée. Et maintenant la paix?

La Syrie a donc résisté, au prix d'innombrables souffrances, à sa destruction programmée. Elle a su trouver des alliés de conviction mais surtout de circonstance, qui entendent désormais maîtriser le volet politique de sa renaissance au mieux de leurs intérêts régionaux et globaux. Et maintenant la paix?

Pas si simple et encore moins sûr. Car le théâtre syro-irakien est celui d'une confrontation politico-stratégique de fond entre USA, Russie et Chine et leurs alliés, concurrents et proxys respectifs, tous conduits à monnayer leur allégeance. Car l'instrumentalisation tous azimuts de la querelle confessionnelle sunnite-chiite montée en épingle, masque simplificateur de convoitises plus prosaïques et de rivalités dynastiques ou simplement politiques - a atteint des sommets et entraîné puissances régionales et globales dans une course à l'influence que nul ne maîtrise vraiment.

Russie, Iran, Turquie, monarchies sunnites du Golfe mais aussi Chine, Etats-Unis, Israël, Grande-Bretagne - en retrait mais depuis toujours à la manœuvre - et même nous Français, naïvement englués dans des allégeances indéfendables et dangereuses, tous se liguent et/ou se déchirent au gré des gains espérés et des rapports de force exprimés.

Il s'agit surtout pour le camp occidentalo-sunnite et en urgence désormais, d'effacer l'affront de cette impensable victoire du régime syrien.

C'est là que le bât blesse. Car si l'on feint aujourd'hui la convergence radieuse des volontés au service de la paix et de l'éradication de «Daech», la réalité est bien moins claire, et encore moins «morale». Il s'agit surtout pour le camp occidentalo-sunnite et en urgence désormais, d'effacer l'affront de cette impensable victoire du régime syrien décrit comme moribond depuis presque le premier jour de la «révolte populaire» de 2011, qui est toujours bel et bien là et fait spectaculairement mentir toutes les incantations occidentales appelant à son effacement.

L'homme «qui ne méritait pas d'être sur Terre» selon un ancien ministre des affaires étrangères? Toujours au pouvoir, auréolé de sa résistance victorieuse à une pression extrême impuissante à le faire tomber.

L'armée syrienne exsangue et ses milices  , incapable, composées uniquement de milices étrangères? Une "force incroyablement résiliente" et désormais très aguerrie en contre-guérilla. Mais aussi bien aidé par des bombardements intensifs et meurtriers russes et a profiter des "zones de  descalades" pour remobiliser ses troupes contre Daesch, jusque là relativement épargné par les bombardements russes et syriens, privilégiant ses ennemis proches : les " rebelles modérés" et "la zone dite utile"... On peut aussi se poser le poids de la dépendance des armées de Bachar el assad aux milices chiites envoyés par l'Iran et aux Hezbollah.... Ces milices agissent par procuration a Bachar el Assad.

La Syrie, Etat promis au dépècement et réduit à sa portion «utile»? Un pays qui recouvre à grands pas sa souveraineté territoriale.

«Le peuple syrien massacré par son tyran Assad»? Une population martyrisée, exilée pour une grande part, mais dont le gros est demeuré sous «la protection» du tyran contre la terreur djihadiste depuis des années.

Bachar el Assad, qui, avec la Russie, ne combat pas l'EI et en est même carrément le créateur? .

 

Alep, Palmyre, Mossoul, Deir Ez-Zor, bientôt Raqqa : les faits sont plus têtus encore que les sinistres calculs d'un « Bachar el Assad » qui a cru pouvoir régner encore en divisant à l'infini.

 

 

Le verdict est sans appel.  La collusion avec les djihadistes - Bachar moi ou le chaos Mossoul est tombée, puis Palmyre, demain Raqqa, les islamistes stipendiés par Washington, Tel-Aviv, Londres, Ankara, Doha et Riyad sont pour certains lâchés par leurs mécènes et réduits à monnayer leur reddition à Idlib, pour d'autres, en train d'échafauder leur prochaine réincarnation maléfique. Avec les mêmes acteurs qui les ont aidés ( Bachar el Assad, ....) ? Il faut souhaiter que non.

Dès lors, l'équation est malheureusement assez claire: Comment pour Washington, Tel Aviv et les puissances qui leur ont emboîté le pas et déchantent cruellement désormais, supporter cette triple humiliation militaire, politique et stratégique sans chercher désormais à miner "la paix"? Quelle paix veut pn mettre en place? Quelle avenir pour un pays détruit avec à la tête un tyran? Comment sauver la face … et sa mise? Comment empécher la stygmatisation des sunnites dans un pays ( et région) qui voit les nouveaux vainqueur chiites dirigeais l'économie et la politique?

Comment, pour Israël, entrer dans les bonnes grâces de Moscou et faire pièce à l'émergence du Hezbollah comme acteur régional puissant? La récente violation de l'espace aérien libanais par l'Etat Hébreu pour frapper la Syrie en échappant à la bulle de surveillance russe témoigne que ce n'est pas gagné… Surtout, comment entraver désormais l'avance du projet iranien d'un «corridor chiite» terrestre reliant Téhéran au Sud-Liban (grâce au Hezbollah) et passant par l'Irak chiite et la Syrie d'Assad?

Les peuples syrien, irakien, libyen et yéménite n'ont pas fini de souffrir pour permettre aux ambitions des puissances de se mesurer sur leur dos et comble du cynisme, au nom de leur bien-être ….

L'heure n'est donc pas à la reconnaissance des erreurs d'interprétation et des torts ou au compromis pragmatique visant à libérer la région de l'engeance islamiste. La fin de partie n'est pas sonnée et le jeu demeure assez «tordu». Les peuples syrien, irakien, libyen et yéménite n'ont pas fini de souffrir pour permettre aux ambitions des puissances de se mesurer encore sur leur dos et comble du cynisme, au nom de leur bien-être ….

A la veille d'un nouveau round de négociations à Astana sur l'avenir politique de la Syrie, sous maîtrise russe (et iranienne) les 14 et 15 septembre, qui manifestera plus encore la marginalisation de Washington et de ses alliés, cette urgence s'exprime désormais clairement sur le terrain. Car, sans l'Est syrien et l'accès des forces du régime à la frontière syro-irakienne, le corridor chiite est mis à mal (d'où la volonté farouche des Iraniens de gagner la bataille de Deir ez-Zor).

Les Etats-Unis, pour contrer cette offensive iranienne, ont d'abord lancé contre l'Armée syrienne et les milices chiites, les «rebelles modérés» du Front Sud, venus de Jordanie et appuyés par la base américaine d'Al-Tanf. Cette stratégie a échoué, les rebelles ont été encerclés et les check-points à la frontière jordanienne au Sud de la Syrie progressivement repris par les troupes loyalistes. Désormais, Washington s'appuie sur l'alliance arabo-kurde des Forces démocratiques syriennes (FDS), commandées par les YPG kurdes mais dont la majeure partie des combattants sont au Sud des Arabes, suite au ralliement de tribus locales. Ce sont ces forces qui sont engagées dans la bataille de Raqqa.

Si l'alliance arabo-kurde s'emparait de l'Est de Deir ez-Zor, la ville serait alors coupée en deux, des deux côtés de l'Euphrate, Elle deviendrait un petit Berlin version 1945

De son côté, l'armée syrienne, depuis la reprise de Palmyre fin mars dernier, a réalisé la semaine dernière une percée sans précédent sur la route Damas - Deir ez-Zor, brisant le siège qui touchait l'ouest de la ville encerclé par l'EI depuis 2014. L'armée syrienne rejoint ainsi la rive occidentale de l'Euphrate.

Et voilà que, comme par hasard, elle s'y trouve confrontée aux FDS, qui elles ont effectué une percée au Sud vers Deir ez-Zor et sont désormais aux portes de la ville, mais à l'Est de l'Euphrate cette fois-ci, pour empêcher les forces loyalistes de franchir le fleuve.

Parallèlement, il se dit qu'une «armée nationale» financée par Doha, Ankara et Ryad, émanant de la Coalition nationale des forces de l'opposition et de la révolution (CNFOR) et composée d'une quarantaine de groupes djihadistes liés de près ou de loin à l'ex Front al Nosra (al Qaeda) serait en train de naître avec pour objectif de «combattre Assad» et les terroristes (sic)...

Si l'alliance arabo-kurde s'emparait de l'Est de Deir ez-Zor, la ville serait alors coupée en deux, des deux côtés de l'Euphrate, Elle deviendrait un petit Berlin version 1945, divisé en zones d'influence où les chiens de faïence se toisent …

Pour l'heure, Damas a dépêché des barges de débarquement et des ponts flottants. L'Armée syrienne n'acceptera pas d'être cantonnée sur la rive occidentale de l'Euphrate. Ce serait un coup d'arrêt insupportable porté à la reconquête. Un conflit ouvert entre les deux protagonistes est néanmoins peu probable, Washington et Moscou n'ayant rien à gagner d'une confrontation directe et cherchent plutôt à ouvrir des zones de déconfliction. Trump, toujours pragmatique, a même récemment déclaré que l'objectif américain principal en Syrie était de «tuer ISIS», non de renverser Assad…

Mais chaque jour qui passe le voit plus isolé et contrôlé par le tentaculaire système qui décide de facto à

Ce « casting » largement artificiel n'est pas une mince affaire, on en conviendra, mais aussi un grand classique de la scène internationale.

Washington, fossilisé sur les vieilles logiques néoconservatrices toujours à l'œuvre au sein des armées, des Services et des lobbys économiques. Le front diplomatique enfin n'est pas plus rassurant. Que ce soit à Astana, à Genève ou au sein d'un quelconque «Groupe de contact», l'enjeu demeurera pour Moscou comme pour Washington, de sélectionner et de promouvoir des interlocuteurs sunnites présentables, anciens islamistes pouvant apparaître représentatifs mais surtout contrôlables pour peser sur la négociation politique lorsque le statu quo militaire optimal sera atteint.

Ce «casting» largement artificiel n'est pas une mince affaire, on en conviendra, mais aussi un grand classique de la scène internationale. Quels qu'ils soient, ces interlocuteurs n'auront de poids politique qu'en fonction de l'évolution du rapport de force sur le terrain.

Quant aux Kurdes enfin, cessons là aussi de feindre de croire que leur rêve étatique, légitime ou non, prendra corps. Le soutien américain à leur «cause» disparaîtra lorsque Daech sera défait. Les pays rivaux qui abritent des minorités kurdes sont tous d'accord sur une chose: pas question d'entamer leur intégrité territoriale à leur profit. Téhéran et Damas, qui se rapprochent à grands pas, en témoignent.

Peut-être ce réalisme opportuniste ira-t-il demain jusqu'à permettre une réconciliation entre Damas et Ankara, parrainée par la Russie et l'Iran.

Dans Rakka, « il faudrait dix, vingt ans pour que la vie reprenne » PORTFOLIO

Trois ans après avoir conquis de vastes territoires en Syrie et en Irak voisin, l’organisation Etat islamique n’est plus que l’ombre d’elle-même sur le terrain. Rakka, sa capitale politique, est un champ de ruines silencieux.

L’ancienne « capitale » de l’organisation Etat islamique en Syrie, désormais ville fantôme, a été vidée de ses djihadistes après quatre mois de batailles, de destructions massives pratiquées dans la chair des quartiers par les raids aériens et les tirs d’artillerie.

Allan Kaval et la photographe Laurence Geai font partie des premiers journalistes ayant pu constater les réels effets de la guerre dans la ville.

 

Les Guerres Cachées Contre Daech - vidéo DailymotionLes guerres cachées contre Daech - vidéo Dailymotion

 REPORTAGE Dans Rakka, « il faudrait dix, vingt ans pour que la vie reprenne » PORTFOLIO